Actualités & Positions éditoriales

Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate


Hausse des cas de discrimination en milieu de travail



Montréal, 31 août 2007 - "Neuf cas de discrimination en milieu de travail dénoncés à la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-Sida) entre 2005 et 2007 par rapport à deux cas entre 2003 et 2005. C'est une augmentation de 300%!" rapporte Christine Vézina, avocate à la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-Sida).

La discrimination en raison du statut séropositif est multiforme et sournoise. Elle survient tant dans le cadre de processus d'embauche, du fait de l'utilisation de questionnaires d'embauche contenant des questions illégales et non reliées aux exigences de l'emploi, que dans des cas de congédiements illégaux suite à des bris de confidentialité. Ces derniers sont d'ailleurs souvent attribuables aux collègues, ce qui démontre une méconnaissance de l'obligation de confidentialité telle que stipulée par le droit du travail ainsi que des modes de transmission et du vécu des PVVIH.

Lyse Pinault, directrice générale de la COCQ-Sida ajoute : "Aujourd'hui, en 2007, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) lutte encore au quotidien pour dissimuler leur état de santé. La crainte de subir de la discrimination, dans l'accès et en cours d'emploi, leur impose un fardeau injustifié. Il est inacceptable de constater que des PVVIH vivent avec la peur d'être renvoyées ou encore que l'obligation de contracter l'assurance médicament privée auprès de leur employeur devienne une véritable épée de Damoclès, les PVVIH sachant qu'elles seront identifiées via ce processus et craignant les répercussions d'un tel dévoilement. Il s'agit bien là de la preuve de l'hostilité du marché du travail face aux PVVIH ".

Tous les milieux de travail sont impliqués dans la discrimination : tant les petites entreprises que les chaînes de restauration rapide, les établissements du réseau de la santé et les grandes entreprises jouissant de reconnaissance internationale. Il importe que des mesures soient prises afin d'éliminer tous les obstacles au travail, dans le but d'une pleine égalité pour tous. La création de la table sur les maladies chroniques et épisodiques que la COCQ-Sida réclame, depuis plus d'un an, auprès du Ministre de la Santé et des Services sociaux, Dr Philippe Couillard, pourrait amorcer les démarches en ce sens. Qu'attend-il pour aller de l'avant ?


La COCQ-Sida regroupe les organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH/sida afin de favoriser l'émergence et le soutien d'une action concertée. Pour ce faire, elle suscite, soutient et consolide l'action communautaire face à la lutte contre le VIH/sida sur le territoire québécois. Le regroupement solidarise les gens, unit les démarches, les actions et les ressources impliquées, dans le respect de l'autonomie de chacun des groupes-membres, pour répondre aux enjeux qui touchent les PVVIH et l'ensemble des populations à risque d'être infectées par le VIH du Québec.


Lyse Pinault, Directrice générale
514.349.3563
renelegare@cocqsida.com




Patients séropositifs : la discrimination perdure
Pascale Breton
La Presse
Dimanche, 2 septembre 2007
Page 1 (front page
)

Des médecins qui ne veulent pas soigner de séropositifs, des opérations refusées, une confidentialité brisée. Les cas de discrimination envers les personnes atteintes du VIH sont encore nombreux dans le milieu de la santé.
C'est ce que révèle un rapport commandé par l'Agence de santé publique du Canada et obtenu par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

De jeunes hommes de 18 à 25 ans y relatent des situations où ils se sont sentis victimes de préjugés. Que ce soit au travail, dans leur famille ou leur groupe d'amis, les personnes porteuses du VIH font face à beaucoup de discrimination.

Le milieu de la santé n'y échappe pas. La situation s'améliore, mais il y a encore des ratés.

Certaines personnes séropositives rapportent qu'on leur a refusé des opérations non urgentes, des traitements ou des implants dentaires.

À mots couverts, on leur a fait comprendre que l'intervention n'était pas nécessaire puisque leur espérance de vie était réduite en raison du VIH.

Des professionnels de la santé, surtout des dentistes, refusent aussi de traiter des personnes séropositives. C'est particulièrement le cas dans les petites villes, où les préjugés face au sida sont plus répandus.

Des dentistes acceptent de soigner les séropositifs, mais à certaines conditions. Ainsi, l'une des personnes interrogées raconte que son dentiste lui donne toujours le dernier rendez-vous de la journée. De cette façon, les autres patients ne savent pas que le professionnel traite des personnes séropositives.

Ce genre de situation se vit aussi dans les hôpitaux, qui fixent souvent en fin de journée les opérations des personnes séropositives. "Il faut plus de temps pour nettoyer et stériliser l'équipement utilisé", leur explique-t-on.

L'Agence de santé publique du Canada veut mener une vaste campagne contre les préjugés face au VIH et au sida. Mais avant, elle devait mieux cibler les problèmes liés à la discrimination et aux préjugés.

C'est pourquoi elle a demandé au groupe de recherche Environics, le printemps dernier, de mener une enquête dans six villes canadiennes, dont Montréal. Des rencontres ont été organisées avec de jeunes hommes séropositifs. Ils ont fait état des problèmes qu'ils vivent, que ce soit pour obtenir des soins de santé, se trouver un emploi ou se loger.

Le rapport, qui a coûté 112 000$, a été remis à l'Agence en juin dernier. Il permettra de concevoir les messages de la campagne de sensibilisation. Aucune date n'est encore arrêtée pour le lancement de la campagne.

Directrice générale de la COCQ-Sida (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida), Lyse Primault déplore cette discrimination qui perdure. "C'est aberrant que le milieu de la santé discrimine alors que c'est le milieu qui devrait le mieux comprendre et connaître."

Beaucoup de travailleurs ne portent pas de gants dans les hôpitaux, souligne-t-elle. Ce devrait pourtant être la norme, pas seulement face à une personne séropositive. Au-delà du VIH, il y a un risque de transmission de l'hépatite C ou de bactéries, note Mme Primault.

C'est la même chose pour la stérilisation de l'équipement. Est-ce que le dentiste qui ne veut pas soigner une personne séropositive refuse parce qu'il sait qu'il ne respecte pas les normes universelles de stérilisation? demande-t-elle.