Position sur la décriminalisation totale du travail du sexe

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Contexte

Au Canada, les lois sur le travail du sexe (née C-36) criminalisent directement les travailleuses et les travailleurs du sexe (TDS), les clients et les tierces personnes avec les lois sur l’achat de services sexuels, la communication en vue de l’achat, le proxénétisme, la vente de services dans de nombreux endroits publics, et la publicité pour la vente. Les lois confondent travail du sexe et exploitation, et portent préjudice aux droits fondamentaux des TDS ainsi qu’à leur santé globale. De plus, elles favorisent la marginalisation, la stigmatisation, la discrimination et la criminalisation des TDS, diluant les efforts de répression de l’exploitation et nuisant à l’amélioration des conditions de travail.

Énoncé

La COCQ-SIDA appelle à la décriminalisation totale du travail du sexe, à l’instar de nombreuses organisations comme l’ONUSIDA et Amnesty International ainsi que les groupes communautaires « par et pour ». Ces derniers ont développé des pratiques exemplaires, notamment en respectant le principe du « Rien sur nous sans nous ». Il est impératif que les TDS soient consultés et impliqués dans les prises de décision les concernant, à l’instar du principe GIPA. Le financement octroyé aux organismes doit permettre des interventions holistiques et répondre aux différents besoins identifiés par les travailleuses et les travailleurs du sexe.

Explication

La Suède – pays instigateur de la criminalisation de l’achat de services sexuels – a admis que la criminalisation des clients a poussé les TDS dans la clandestinité. Les TDS sont toujours stigmatisées, notamment pas les services sociaux, et les organismes d’aide ont cessé de distribuer des condoms. De son côté, la Nouvelle-Zélande a décriminalisé le travail du sexe en 2003 avec l’objectif le respect des droits humains. Depuis, les TDS rapportent sentir que leurs droits sont davantage respectés, se sentent plus en sécurité et vivent davantage d’empowerment. De plus, l’accès aux soins de santé est facilité, les pratiques sexuelles sécuritaires encouragées et des liens de collaboration se créent avec la police. Les impacts de la décriminalisation sont nombreux et incluent également la diminution de la stigmatisation, de l’isolement et de la judiciarisation.