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Actualité

La COCQ-SIDA vous offre une couverture des grands moments de cette 20e conférence internationale sur le sida qui s'est déroulée à Melbourne en Australie du 20 au 25 juillet.  

Jour 5 - Et pour finir

C’est la dernière journée de conférence. Une journée consacrée à l’écriture. La seule présentation entendue a été la conférence de presse où six panélistes ont donné leur appréciation de la conférence à la lumière des résultats présentés, des actions et des discussions qui se sont déroulées à la conférence. Le panel incluait les actuelles co-présidentes de la conférence Françoise Barré Sinoussi et Sharon Lewin, les co-présidents de la prochaine conférence qui aura lieu à Durban, Afrique du sud, le maire de Melbourne et un homme gai vivant avec le VIH de Melbourne. En général, tous les panélistes s’entendent pour dire qu’il y a eu de grands progrès en recherche clinique et fondamentale et concernant l’accès universel aux traitements depuis Washington. En 2014, c’est plus de 14 millions de personne séropositives qui sont traitées, une augmentation d’au moins un million depuis 2012. Sharon Lewin, médecin et chercheure affirme que les avancées en recherche fondamentale et clinique évoluent très rapidement. Comme plusieurs, elle préfère parler de rémission que de cure, car la rémission est possible. Comment? Et pour combien de temps? Des questions qu’ils restent à élucider. Certaines données de recherches présentées à la conférence confirment, selon elle, que le « one fit for all » n’est pas possible et que l’on devra privilégier les combinaisons sur mesure. Les résultats sur la PPrE (PrEP) sont encourageants, dit-elle, ouvrant un nouvelle ère dans la prévention du VIH. Françoise Barré Sinoussi ajoute que « la science est de retour ». Les avancées en recherche sur le VIH, l’hépatite C et la co-infection sont phénoménales, selon elle, et surtout très inspirantes pour le futur.

Quant aux droits de la personne, le sujet de la conférence, l’ensemble des panélistes est d’avis que les échanges, les données de recherche et les actions porteront leur fruit. Chris Beyrer, co-président de la conférence de Durban, affirme que la conférence de Melbourne a clairement démontré que la science et les droits de la personne doivent faire front commun dans la lutte contre les inégalités, les injustices qui existent à travers le monde. Il a ressenti, qu’ici à Melbourne, les silos se sont désintégrés et que tous ont travaillé ensemble pour « Stepping up the pace » sur ce sujet. Tous les panélistes ont déploré les lois homophobes russes, ougandaises, indiennes et nigériennes. Ils espèrent mobiliser les autorités de ces pays afin qu’ils nous rejoignent dans la lutte.

Le maire de Melbourne est fier de sa ville et de ses citoyens. Il avance qu’un énorme travail de communication et de sensibilisation a été accompli afin d’impliquer tous les citoyens. Au-delà des buildings où le rouge étaient à l’honneur, il précise avoir vu le ruban rouge partout. Et c’est vrai, j’ai vu des gardiens de sécurité du casino, des chauffeurs de taxi, de tram porter le ruban rouge. John Manwaring dit que Melbourne est la meilleure place au monde pour les personnes vivant avec le VIH. Les soins sont très bien coordonnés entre les différentes spécialités.

En dernier, pourquoi la prochaine conférence se déroulera-t-elle à Durban encore? Durban a reçu le monde entier en 2000, l’époque où plus que jamais les traitements anti-VIH démontraient leur grande efficacité, où l’on s’est rendu compte des iniquités dans l’accès aux soins et aux traitements. Mais aussi l’année où le président de l’Afrique du Sud remettait en question le fait que le VIH cause le sida, nous rappelle le docteure Olive Shisana, co-présidente de la conférence de Durban. Elle nous rappelle aussi ce propos de Nelson Mandela prononcé à la cérémonie de fermeture : « We are make sure that all person living with HIV get treatment ». Et l’on sait que l’Afrique du sud a fait des progrès importants dans la lutte au VIH. Elle exprime sa colère contre l’homophobie sévissant en Afrique. Elle est dégoûtée que l’on se mêle de la vie des gens. Elle précise qu’elle travaillera très fort pour faire bouger les choses.

À ces appréciations émises par des membres des comités organisateurs, j’ajoute mon appréciation et celles de certains canadiens interviewés au courant de la semaine. Plusieurs affirment que les sujets présentés sont toujours les mêmes, que rien ne semble bouger et qu’il serait peut-être temps que l’on agisse. Je suis entièrement d’accord avec ce point. Mais pour moi, cette conférence a été un moment fort où comme plusieurs le disent il y a eu une communion entre la science et la défense des droits. Enfin! Souhaitons que cela se poursuive dans le futur. Malgré l’énorme tâche que représente le travail de rapporteur, je ressors toujours ressourcé et surtout prêt à continuer de mettre mon énergie pour lutter contre le VIH au Québec, au Canada et partout.

La conférence se termine avec un émouvant hommage à Nelson Mandela. C’est fini! J’espère que cette couverture vous a plu et qu’elle sera vous être utile dans votre travail. Je remercie Maria Nengeh Mensah pour son précieux apport à cette revue. Elle se joint à moi pour vous saluer. On se retrouve à la mi-août.

Au revoir de Melbourne. Et solidairement,

Le Canada à l’honneur

L’Australie n’est pas à la porte, mais le contingent canadien de scientifiques, intervenants, militants et représentants gouvernementaux fédéraux est impressionnant. Selon les dires, nous serions plus d’une centaine. J’ai demandé à Monique Doolittle-Roma, directrice générale de la Société canadienne du sida, son opinion sur cette importante participation. Elle dit être très fière du travail accompli par les représentants du Canada. Selon elle, encore une fois, nous avons démontré que nous sommes des leaders dans la lutte contre le VIH/sida, que nous avons des projets, des programmes, des scientifiques et intervenants de grand calibre. Elle souligne le fait que la ministre de la santé, Rona Ambrose, a été la seule ministre du monde entier a participé à la conférence. Monique ajoute que la ministre considère la lutte contre l’épidémie du VIH au Canada une priorité et qu’elle compte travailler avec la communauté pour y mettre fin.

À nouveau, la Société canadienne du sida était responsable du kiosque du Canada. Un kiosque, ma foi, assez beau où s’est déroulé de nombreuses présentations sur des sujets aussi variés que la prévention chez les hommes gais et les hommes ayant des relations avec d’autres hommes, la personne vivant avec le VIH au cœur de l’évaluation de son traitement et la recherche canadienne sur les vaccins. La Société canadienne du sida a eu l’idée de créer un mur des rêves où les participants étaient invités à écrire sur une feuille d’érable leur rêve. Monique Doolittle-Roomas rapporte que ce projet a connu un large succès et que le mur a été complètement rempli. Mais ce qui la plus touchée, c’est le lien que cette activité a permis de créer avec les participants, une sorte de brise glace où les témoignages, les histoires personnelles ont été monnaie courante.

 

Mes souhaits

« The show » avec Bob Geldorf

Bob Geldorf, the rock star, est venu présenter sa vision de la lutte contre la pauvreté, lutte qu’il considère liée à celle contre le VIH. Dans un langage très cru, mais oh combien rafraichissant, il a exposé son désarroi quant à la diminution des financements internationaux alloués aux Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et autres grandes organisations internationales. Selon lui, la fin de l’épidémie ne sera pas possible si on ne lutte pas aussi contre la pauvreté. Il a clairement accusé l’Australie d’avoir annuler sa contribution au fonds et le Canada de l’avoir diminué. Ce qui est faux, car le Canada a augmenté sa contribution de 20% pour les trois prochaines années. Il a aussi dénoncé la corruption qui sévit dans plusieurs pays dont la Russie, la Chine et plusieurs pays africains. Corruption qui, selon lui, a un impact sur le financement des programmes de lutte contre la pauvreté et contre le VIH. En résumé, Bob Geldorf a été le « chialeur officiel de la conférence » et nos divinités – pour ne pas dire Dieu, dieu ou dieux – savent que nous en avons besoin.

IPREX, l'étude sur la PPrE

Les résultats de l’étude IPREX sont mi-figues mi-raisins. IPREX est cette étude internationale sur l’évaluation de la PPrE (PrEP en anglais) en continu ou à prise intermittente. Les résultats de la cohorte indonésienne, qui compte 1 225 hommes gais et personnes transgenres sur la PPrE démontrent que l’adhérence est un problème très sérieux et qu’il y a un taux significatif d’abandon. Cependant, il a été démontré que le taux de protection, lorsque un individu prend au moins quatre doses par semaine est de 100. Celui-ci descend dans les 80% lorsque la personne ne prend que deux à 3 doses par semaine.

Dans le domaine de l’hépatite

Au début de la semaine, il y a eu plusieurs présentations scientifiques sur de nouvelles molécules anti-VHC. Selon le Docteure Marina Klein, rencontrée à la soirée offerte par la ministre de la santé, de nouvelles molécules ont démontré un niveau de guérison intéressant, ce qui pourrait lors de leur mise en marché créer une compétition et faire diminuer les coûts du traitement.

Gilead, « Hep C Criminal »

Lors d’une présentation de Gregg Alton, vice-président exécutif des affaires médicales chez Gilead, des manifestants ont commencé à l’accuser d’être un criminel de l’hépatite C et accuser Gilead d’être un meurtrier pour l’amour de l’argent à cause du coût faramineux du sofosbuvir, leur nouvelle molécule qui a démontré un taux de guérison exceptionnelle.  Des propos forts, qui selon une manifestante, a ébranlé grandement monsieur Alton.  Par la suite, les manifestants ont marché à travers le centre des congrès en criant : Shame, shame, shame. Pharma greed kills. Wanted : crimes against access.  Ils ont fini leur marche au kiosque vide de Gilead.  Denis Godlevskiy de la fédération russe a crié qu’il était honteux qu’il n’y ait aucun représentant de Gilead.  Selon lui, encore une fois, Gilead démontre comment il se fout des personnes et  des communautés.  « Tout ce qui compte c’est le fric » a-t-il dit en précisant que le coût de production de la médication est de 500$ et que Gilead en demande 8 000 $ ! 

Passions et grands-mères au menu

Au cours de la journée de mercredi, Maria Nengeh Mensah a visionné deux documentaires présentés dans le cadre des activités du Village global. Le Village global est un lieu situé en marge de la conférence et accessible à tous. On y trouve des zones de réseautage, soient des espaces occupés par des organisations communautaires internationales et locales oeuvrant auprès des différentes populations concernées par la lutte contre le VIH. C’est le lieu des activités de sensibilisation en tous genres. C’est dans ce cadre que s’insère la projection de documentaires. Dont pas moins d’une dizaine par jour sont présentés.

« Pasion por la vida »
Ce documentaire présente le portrait de 10 personnes vivant avec le VIH, originaires de différentes régions de l’Amérique latine. Au début, les personnes témoins présente leur passion : les chaussures, le tango, leurs enfants. Par la suite, ils parlent de leur vie avec le VIH, des obstacles rencontrés mais aussi de l’impact du VIH dans leur vie : « Le VIH m’a permis de devenir une meilleure personne. » Ils ont aussi parlé de l’impact des traitements dans leur vie, de croissance personnelle, d’acceptation de la maladie et de l’impact du VIH sur leur sexualité. Ce documentaire, lancé dans le cadre d’une campagne de communication anti-stigmatisation, aurait été chaleureusement accueilli par les personnes vivant avec le VIH et aurait grandement touché le public en général. A-t-il fait reculer la stigmatisation? Ça, impossible de le savoir.

Des droits pour les grands-mères africaines
Dans le deuxième documentaire, il est question de ces grands-mères africaines qui du jour au lendemain doivent prendre en charge leurs petits-enfants, orphelins suite au décès de leur parent à travers un projet financé par la Stephen Lewis Foundation appelé Le tribunal des grands-mères. Ce projet est né lors de la conférence internationale sur le sida à Toronto en 2006. Le tribunal des grands-mères est une tribune populaire où ces grands-mères se racontent. Le but : démontrer la détresse de leur situation : extrême pauvreté, violence, rejet, santé précaire, accès difficile ou impossible aux soins si certains des enfants vivent avec le VIH. Et aussi sensibiliser le monde entier afin qu’il reconnaisse cette problématique et travaille à améliorer leur sort. Maria me dit que ce film est des plus émouvants, qu’il suscite de fortes émotions et qu’il est d’une beauté exceptionnelle.

Titre du documentaire : Seeking justice at the Frontlines of the AIDS Crisis : Human Rights for African Grandmothers


Jour 4, 24 juillet 2014

Les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas. En fait, au contraire de mes propos, la routine n’a pas sa place. Aujourd’hui, jeudi, une matinée d’échanges avec Maria. Échanges qui ont permis la rédaction des textes sur le travail du sexe, le handicap et sur deux documentaires qu’elle a visionné. Je tiens à la remercier pour sa précieuse collaboration. En après-midi, j’ai assisté à la plénière de Bob Geldorf et couvert la manifestation dénonçant le coût exhorbitant du sofosbuvir, une molécule contre l’hépatite C de Gilead. Et pour le reste de mon temps, rédiger des brèves, préparer et réaliser l’entrevue diffusée ce matin 6h45 à C’est pas trop tôt sur les ondes d'Ici Radio-Canada première. Voilà! Si peu!

Voici les brèves sur le travail du sexe et sur le handicap.  D'autres suivront demain. Bonne lecture.

Travail du sexe + criminalisation = « death »

Dans le cadre de cette conférence, l’un des sujets qui a joui d’une certaine aura est le travail du sexe. La très savante et prestigieuse revue The Lancet a publié sept articles présentant des résultats de recherches sur le travail du sexe. Ce qui se démarque de ces recherches est l’absence totale d’études sur les travailleurs du sexe et sur les personnes transgenres qui pratiquent le travail du sexe. De plus, les scientifiques reconnaissent que le modèle nordique, celui qui criminalise l’achat de service sexuel, n’est pas une solution. N’oublions pas que c’est la solution prisée dans le projet de loi C-36 déposé par le gouvernement fédéral qui croit ainsi qu’en criminalisant l’achat de service sexuel, cela mettra fin au travail du sexe protégeant ainsi celles et ceux qui pratiquent ce métier. Et, au contraire, les recherches analysées démontrent clairement que ce modèle ne fait que pousser les travailleuses du sexe encore plus loin dans la clandestinité, ne les protège en rien de la violence et les éloigne encore plus des services de santé et de prévention. En plus de ne pas offrir la protection dont ces personnes devraient jouir, le modèle nordique, tout comme le projet de loi C-36, augmente le risque d’infection au VIH jusqu’à un niveau de 20% dans certaines régions du monde. Unanimement, scientifiques, militants et intervenants dénoncent la criminalisation du travail du sexe et plus particulièrement le modèle nordique.

Un autre moment fort de la conférence a été les nombreux hommages rendus à Andrew Hunter, celui qui est considéré comme le père de l’activisme actuel en VIH, travail du sexe et droits de la personne. Il est aussi le fondateur de nombreuses associations dont le Scarlett Alliance, organisme de défense des droits des travailleuses du sexe en Australie. Andrew Hunter est décédé en décembre 2013. Autant les associations de travailleuses du sexe, gais et personnes vivant avec le VIH lui ont rendu hommage durant la semaine. Et tous ont reconnu l’impact de son œuvre sur le militantisme.  

[ Photo d'Andrew Hunter à la conférence internationale sur le sida de Mexico en 2006. ]

Je finirai ce billet en vous disant, tel que me l'as rapporté Maria Nengeh Mensah, que nos militantes canadiennes luttent actuellement contre le projet de loi C-36 et ont majoritairement décidé de ne pas participer à cette 20e édition de la conférence internationale sur le sida.

La plus grande minorité laissée pour compte

Maria Nengeh Mensah a assisté à un atelier sur le handicap et le VIH. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les personnes vivant avec un handicap représentent 15% de la population mondiale. Il s’agit donc de la plus grande minorité au monde. L’ONUSIDA affirme que ces personnes ont un risque plus grand d’être infecté par le VIH que la population en général et qu’il y a plusieurs barrières qui les empêchent d’obtenir les soins adéquats. Malgré cela, au niveau mondial, il n’existe pas de stratégie visant à réduire le risque d’infection au VIH au sein de cette minorité. Et peu d’études ont évalué l’efficacité des projets ou programmes existants. C’est ce à quoi veut remédier l’ONUSIDA, d’ici 2017.  Elle a entrepris un travail de réflexion afin de dégager les préoccupations, les enjeux et les barrières afin d’établir des pistes d’actions et des recommandations. Le tout permettra la création d’une stratégie qui sera proposée pour adoption aux états membres. Tel que vous le savez, adopter une telle stratégie, c’est reconnaître qu’il y a une problématique à laquelle il faut remédier. Ainsi, cette stratégie contiendra des outils d’aide à la création de programmes qui faciliteront l’accès aux soins et la reconnaissance des droits des personnes avec un handicap.

Dans les discussions qui ont suivis, deux points importants ont été abordés. Premièrement, le manque chronique de financement des organismes desservant les personnes vivant avec un handicap. Sur ce point, Maria Nengeh Mensah de l'UQAM a cité l’exemple du CSSQ. En deuxième lieu, les personnes présentes se sont demandées si la stratégie doit exposer les différents types d’handicap ou si elle doit s’adresser à tous les types en général.

Jour 3, 23 juillet 2014

Mon cadran a sonné à 6h30 comme à l’habitude et c’est à 10h00 que je me suis réveillé… avec un léger mal de gorge. Vive l’humidité des hivers australiens! Pire que nos automnes, je vous le dis. Aujourd’hui au programme, Bill Clinton en plénière, une conférence de presse sur les minorités sexuelles et les droits humains et des discussions des plus intéressantes avec des journalistes australiens et français. De plus, tel que promis, des brèves sur certains des sujets couverts au cours des deux premiers jours de conférence.

Bill Clinton en plénière

La journée a commencé avec le discours de Bill Clinton, ancien président des États-Unis et actuel président de Clinton Health Access Initiative (CHAI) devant plus de 2 500 personnes. Grosso modo, il a présenté les réussites de sa fondation, soient des projets de prévention de la transmission mère à l’enfant dans différents pays africains. Il a aussi fait part des défis à relever par sa fondation pour s’assurer que les mères et les enfants ne cessent leur suivi médical et leur traitement. Il a fait part de son désarroi devant la recrudescence d’adoption de lois condamnant l’homosexualité à travers le monde et pour finir, il a supplié la communauté internationale de continuer à financer la lutte contre le VIH/sida.

Les réservoirs, ces hôtes du VIH

Ce lundi, les réservoirs ont été l’un des sujets dominants de cette première journée de conférence. Les réservoirs sont ces cellules où le virus tombe dans une phase dite latente et où les traitements anti-VIH ne peuvent les éliminer. Plusieurs présentations ont couvert ce sujet et ce qu’il faut retenir est que l’éradication du VIH dans les réservoirs ne sera pas facile. Premièrement, des chercheurs américains ont démontré que le VIH se terre dans les réservoirs très rapidement après l’infection, soit dès les premiers jours. Ce qui pourrait expliquer pourquoi l’infection est réapparue chez l’enfant du Mississippi. Deuxièmement, certaines études ont démontré qu’il est possible d’activer les réservoirs afin qu’ils libèrent des virus, mais la quantité de virus libérée est insignifiante. En général, tous les spécialistes s’entendent pour dire qu’il y a de l’espoir et que la recherche découvrira un moyen d’atteindre les réservoirs. Ils affirment également que ce traitement devra nécessairement être combiné à d’autres approches telle la thérapie génique ou encore combiné à un vaccin.

Qu’est ce qui nous retient et comment augmenter la cadence?

Trois conférenciers ont tenté de répondre à ces questions lors de la plénière de mardi. Pour le docteure Olive Shisana d’Afrique du sud, ce qui nous bloque est la mise en place ou le maintien de système de santé efficace et accessible. Elle suggère, en parlant surtout des pays en voie de développement, de renforcer les systèmes de santé, d’y intégrer tous les soins de santé, d’augmenter les apports financiers des états et d’assurer une couverture médicale universelle. Jennifer Gatsi Mallet de la Namibie considère que nous augmenterons la cadence lorsque les iniquités de genre n’existeront plus. Pour ce faire, il faut augmenter le financement des organismes communautaires œuvrant dans le domaine du VIH, des droits des femmes et ceux oeuvrant à la promotion de la santé sexuelle et reproductive. Pour Mark Tybul, directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, nous sommes à quelques pas d’un changement de paradigme majeur soit celui de passer d’une épidémie mondiale à un niveau très bas d’endémicité. Scientifiquement, cela devra se faire par la combinaison de différentes approches de prévention et différentes combinaisons médicamenteuses et de soins. Et d’un point de vue social, personne ne devra être mis de côté. En d’autres termes, des droits pour tous. La plénière se termine sur ses paroles : « The question is no longer : « Can we do it? » but « Will we do it ? » and for this full funding will be needed for this fight. »

Soins de santé et hommes gais, un programme de formation

Le Forum mondial sur les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes) et le VIH et l’Université John Hopkins ont lancé un programme de formation à l’intention des professionnels de la santé : Promoting the health of men who have sex with men worldwide : a training curriculum for providers.  Ce programme permet aux organismes communautaires de développer des formations ou activités de sensibilisation s’adressant aux professionnels de la santé sur les réalités des hommes gais et des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, et ce, afin d’accroître leur connaissance sur ces réalités et qu’ils puissent offrir des soins exempts de préjugés.  La version française de cet outil sera disponible au cours de l'automne 2014.

Les approches dites innovatrices

Juste avant la marche, j’ai assisté à une session sur les approches dites innovatrices. À la lumière des cinq courtes présentations entendues, je peux dire qu’il s’agit tout simplement d’approches résultant de projets de recherche communautaire. C’est dans cette session, que Maria Nengeh Mensah de l'UQAM a présenté le Porte-voix VIHsibilité, un outil qui a suscité l’intérêt de nombreux groupes et les félicitations de nombreuses personnes vivant avec le VIH. Vivement une version anglaise! Notons aussi la présentation de Peter Newman de l’Université de Toronto qui a démontré l’importance de l’engagement communautaire dans les recherches biomédicales en prévention du VIH à travers l’analyse de quatre projets internationaux s’étant déroulés au Canada, en Inde, Thaïlande et Afrique du sud.

S’en est suivie une discussion sur l’importance de la recherche communautaire et sur les meilleurs moyens pour que les organismes communautaires puissent en être les maîtres d’œuvre.

  


Sidaction à Melbourne

Pour découvrir d'autres sujets abordés à AIDS 2014, nous vous invitons à lire les brèves et articles rédigés par l'équipe de Sidaction France présente à Melbourne.

 

 

 

 


Jour 2, 22 juillet 2014

Une routine s’installe.  Debout à 6h30.  8h00, le tram.  8h30, la plénière.  Par la suite, c’est la course entre les différentes présentations et le centre des médias où je rédige la majorité des articles.  Aujourd’hui, il y a eu la traditionnelle marche qui a réuni quelques centaines de personnes.  Cette marche est un moment fort du militantisme où sous différents slogans, on rappelle aux gouvernements et à la population du monde entier que la lutte n’est pas finie, qu’il est temps de reconnaître les droits de toutes les minorités.  C’est à 19h00 que je reviens, éreinté, au centre des médias.  Je dois écrire, mais mon cerveau n'en peut plus. C'est donc dans la journée de mercredi, heure de Melbourne (14 hres de décalage avec Montréal) que je publierai les brèves des présentations entendues aujourd'hui.

Sur la photo, je suis avec Cécile Kazatchkine du Réseau juridique canadien VIH/sida.

Entre temps, voici le résumé de la présentation sur la criminalisation qui s'est déroulée lundi.

La criminalisation et ses impacts

Durant cette session, il a été question, non pas juste de la criminalisation des personnes vivant avec le VIH, mais aussi de la criminalisation des travailleuses du sexe, des personnes transgenres, des gais et des persones utlisatrices de drogues.  

Concernant le travail du sexe, Ruth Morgan Thomas du Royaume-Uni se demande pourquoi les protections dont jouissent les citoyens d’une nation ne protègent-elles pas les travailleuses du sexe? 

Nick Rhoades nous a parlé, avec beaucoup d’émotion, de son expérience avec la justice.  Nick Rhoades est cet homme gai condamné en Iowa pour ne pas avoir dévoilé son statut sérologique à un partenaire avec qui il avait eu une relation protégée.  Il a été condamné à 25 ans de prison pour agression sexuelle.  Un an plus tard, de par la pression publique, il a obtenu la libération conditionnelle avec le devoir de se rapporter chaque jour à la police et avec l’ajout de son nom sur la liste des agresseurs sexuels.  Cependant, activistes et la presse ont réussi à faire évoluer l’opinion publique et, c’est ainsi qu’un juge a renversé la condamnation et obtenu la libération de Nick. Cette libération a été soulignée par un événement où le bracelet électronique a été retiré de la cheville de Nick et son nom retiré de la liste des agresseurs.  Malgré cette bonne nouvelle, les dommages causés par sa criminalisation demeurent.  Son père ne veut plus lui parler et sa mère vit avec les séquelles d’une crise cardiaque. 

Un spécialiste indien, A. Row Kavy a abordé la question de la criminalisation des personnes de même sexe en Inde.  Il a exposé plusieurs lois archaïques datant de l’époque coloniale, de ces lois définies par la peur, les préjugés, les mythes. « On nous parle de comportement contre nature sans définir ce qu’est une relation naturelle » nous dit-il.

Maneesha Dhakal du Népal a parlé de la situation des transgenres dans son pays.  Elle a, tout d’abord, rappelé que le Népal a reconnu le troisième genre et que ce dernier se retrouve sur tous les documents officiels tel le passeport.  Malgré cette avancée, ajoute-t-elle, les personnes transgenres continuent à être harcelées et ne réussissent toujours pas à obtenir la protection de la police.  Daisy Nakato, une travailleuse du sexe séropositive et queer, rapporte que les autorités ougandaises, et je cite : « Make a new bad law per day ».  Elle nous raconte qu’elle a été arrêtée par la police et que sa photo a été publiée dans un journal.  Du coup, elle a dû urgemment se terrer loin des regards durant plus d’une semaine.  Dans l’urgence, elle n’a pu apporter ces médicaments et a donc manqué une semaine complète de traitement. 

Michael Kirby de l’Australie se dit un réaliste critique.  Il considère, en tant que juge à la retraite de la Cour suprême que ça va mal.  Qu’il est temps d’agir et d’influencer les législateurs et les politiciens afin de renverser cette tendance à la criminalisation. 

B. Sears, un policier, qui durant 40 ans a lutté contre les drogues, décrit l’approche de réduction des méfaits qui a été mises en place à Seattle.  Une approche qui a permis à la police de devenir des acteurs importants dans la prise en charge des personnes utilisatrices de drogue par les services sociaux et qui a permis de réduire grandement les cas de criminalisation au sein de cette population.  

En résumé, ces conférenciers nous démontrent clairement que la criminalisation ne règle rien et qu'au contraire elle ne fait qu'élever des barrières nuissant à la prévention et aux soins. 


Jour 1, lundi 21 juillet 2014

Première journée de conférence. À 9h00, Maria Nengeh Mensah, chercheure et professeur à l’École de travail social de l’UQAM et moi avons accroché l’affiche présentant la troisième phase du projet VIHsibilité, une recherche-action sur « l’accompagnement social au témoignage public des personnes vivant avec le VIH/sida : une démarche éthique et solidaire ». S’en est suivie une rafale de présentations sur différents sujets : la gestion de dilemmes éthiques, la route vers la guérison, les réservoirs, les nouveaus traitements contre l'hépatite C, la criminalisation sans oublier l’état de situation sur les aspects cliniques d’une probable cure. La plénière et la présentation sur la criminalisation ont été couvertes par Maria qui a gracieusement accepté d’être rapporteure. La journée s’est terminée par une réception offerte par la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose. Un cocktail de réseautage, espérons-le, qui permettra à la COCQ-SIDA de faire briller encore plus l’expertise québécoise sur la scène fédérale. Il est maintenant 23h30. Un peu de yoga et quelques verres de Chardonnay australien me feront le plus grand bien.  

Nous vous présentons trois des sujets couverts.  Les autres suivront au cours des prochains jours.  

La lutte contre le VIH, un état de situation

Les panélistes de la première plénière de cette 20e conférence sur le sida ont fait un survol de l’état de situation de la lutte contre le VIH. Lydia Mungherera, médecin ougandaise séropositive a souligné le rôle central des personnes vivant avec le VIH et plus particulièrement des femmes vivant avec le VIH dans la lutte et de l’importance que doivent leur accorder les chercheurs. Elles a émis quatre recommandations : arrêter toutes formes de discriminations, abolir la criminalisation, appliquer les principes GIPA et engager les hommes dans la lutte. Par la suite, Jintanat Ananworanich du Népal a abordé la question de la cure en présentant un survol des dernières données de recherche. Ces résultats laissent entendre que l’on doit traiter le plus tôt possible les nouveau-nés et que le traitement intermittent pourrait occuper une place importante dans le futur. Selon l’état d’avancée des recherches, Jintanat préfère parler de soumission que de cure. La plénière s’est terminée avec la présentation d’une vidéo où quatre personnes thaïlandaises ont dit comment elles se sentiraient advenant une guérison : « I will be normal », « My baby and I will be born again », « Could have a strong boday again » et « I will stop the medication ».

Gérer des dilemmes éthiques, un guide

Ma première présentation en cette première journée de conférence a été offerte par John Miller, Harriet Chiomba des compatriotes canadiens et Kate Lorpenda du Royaume-Uni. Ils ont présenté un outil sur la gestion de dilemmes éthiques : « Décisions difficiles : un outil à l’intention des personnes aidantes ». Créé afin de répondre à la prise en charge des familles touchées par le VIH, ce guide peut aussi répondre aux questions éthiques liées à l’accompagnement de toute personne issue des populations reconnues à risque. L’approche proposée permet de cerner, à prime abord, si un cas présente un problème éthique ou s’il s’agit d’un dilemme qui peut être réglé par une intervention conventionnelle. S’en suis une méthode en quatre étapes qui permet d’identifier les faits et les idées préconçues, de déterminer les valeurs et les principes éthiques en conflit, d’analyser les options présentées afin d’identifier leurs forces et leurs faiblesses et pour terminer de choisir l’option la mieux adaptée à la situation, passer à l’action et évaluer.

En route vers une cure

Françoise Barré-Sinoussi a animé une conférence de presse où six grands spécialistes (Sharon Lewis, Deborah Persaud, Dant Barouck, Ole Schneltz Zagaard, Nicolas Chomont et Steeven Deeks) ont présenté quelle route devra être empruntée afin que la recherche fondamentale et clinique découvre une cure. En général, l’ensemble des panélistes est d’avis que même si un traitement anti-VIH est débuté très tôt après l’infection, il n’est pas possible d’éradiquer complètement le VIH. L’enfant du Mississippi en est une preuve évidente. 30 heures après sa naissance, un traitement anti-VIH lui a été administré, et ce, pendant un court laps de temps correspondant à la période de suivi médical reçu. De retour à l’hôpital trois ans plus tard, cet enfant a répondu négativement au test de VIH, et ce, sans avoir été traité pendant toute cette période. Cependant, un an plus tard, cette jeune fille a été déclarée séropositive et a débuté, à nouveau, un traitement. Les experts affirment que ce sont les réservoirs où le virus est latent qui semble empêcher l’éradication et, jusqu’à présent, toutes les recherches sur les réservoirs ont été peu concluant tout comme celles sur les vaccins. Afin de trouver une cure, les panélistes ont aussi avancé qu’il sera nécessaire de combiner plusieurs traitements afin d’éradiquer le virus, tel un traitement permettant de libérer les réservoirs du virus et un traitement ou un vaccin permettant de l’éliminer.


20 juillet 2014 - « Stepping un the pace »

Le souhait de l’ensemble des orateurs en cette soirée d’ouverture de la 20e conférence internationale sur le sida est : faisons en sorte que nos réflexions de cette semaine permettent d’augmenter le rythme de nos luttes contre la stigmatisation, les discriminations, les iniquités sociales, les trop nombreuses atteintes aux droits humains. Faisons en sorte que nos réflexions permettent d’augmenter le rythme de notre lutte contre l’épidémie, d’augmenter la cadence de nos efforts pour la découverte d’un vaccin, d’une cure.  

En ce sens, Françoise Barré-Sinousi, l’une des chercheurs ayant découvert le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), nous invite à signer la Déclaration de Melbourne car : « … la cruelle réalité est que, dans le monde entier, la stigmatisation et la discrimination continuent d’être les barrières principales à une bonne santé. » Docteure Sharon Lewin de l’Australie ajoute que malgré le « … disappointing announcement that HIV had re-emerged in the Mississippi Baby after a remarkable two years off treatment… it is our job now to understand why such a prolonged remission was achieved and more importantly how to make that durable. »

Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, nous propose un ambitieux projet : d’ici 2020, 90% de la population du monde entier aura été dépisté, et ce, de manière volontaire, 90% de la population mondiale vivant avec le VIH sera traitée et 90% d’entre elles auront une charge virale indétectable. Un ambitieux projet qui permettra « If we accelerate a scale-up of all HIV services by 2020, we will be on track to end the epidemic by 2030. »

Pour augmenter le rythme, la cadence, il devra y avoir de plus en plus de personnes vivant avec le VIH qui s’impliquent, car elles doivent continuer à être partie prenante des solutions, des réponses afin de lutter efficacement contre l’épidémie nous affirme Ayu Oktariani, une jeune indonésienne vivant avec le VIH. Et c’est aussi ce que nous a disait Jonathan Mann, nous rappelle l’honorable juge à la retraite de la Cour suprême de l’Australie, Michael Kirby. 

Plusieurs des discours prononcés au cours de la soirée ont clairement rappelé que la criminalisation et l’oppression ne sont pas des outils efficaces pour lutter contre l’épidémie du VIH et qu’au contraire, la mise en place ou la reconnaissance des droits protégeant les personnes les plus démunies et les minorités ont démontré leur efficacité et ont permis de sauver des vies. Mais, tel que nous le rappelle Michael Kirby, cela ne peut se faire sans une sensibilisation des milieux politiques.

Tout au long de la soirée, il y a eu de nombreux hommages rendus aux victimes du vol MH17 qui, je ne peux m’empêcher de dire, qu’elles s’ajoutent à la liste des trop nombreuses personnes décédées des causes du VIH.


19 juillet 2014 - « Agir pour la prévention »

Gabriel Girard, dans une lettre d'opinion publiée dans Le Devoir, présente les orientations de l'ONUSIDA et l'OMS pour mettre fin à l'épidémie du VIH


18 juillet 2014 - La tragédie de la Malaysia Airlines touche de plein fouet le milieu du VIH/sida

Comme pour l'ensemble de la population, nous sommes dévastés d'apprendre qu'un nouvel incident impliquant un avion de passagers est arrivé, cette fois-ci au-dessus de l'Ukraine. Nous sommes d'autant plus sous le choc, car il y avait à bord six experts et militants impliqués dans le domaine du VIH/sida en route vers la 20e conférence internationale sur le sida qui se déroulera à Melbourne, Australie, du 20 au 25 juillet. C'est donc dans l'ombre de ces irremplaçables pertes que débute cette importante rencontre; la lutte doit continuer, encore plus maintenant afin que soit à jamais honorée la mémoire des collègues et amis tragiquement disparus.


2 juillet 2014 - Témoignage - solidaire des personnes vivant avec le VIH

Maria Nengeh-Mensah, auteure du nouveau billet publié sur le blogue Je suis séropo, nous explique pourquoi il est important d'être solidaire des personnes vivant avec le VIH désirant témoigner publiquement de leur vécu. 

 

 


 

 


19 juin 2014 - Doug McColeman, 1962 - 2014

Une triste nouvelle ce matin, Doug McColeman est décédé des suites d'un combat contre le cancer. Découvrez l'hommage que Ken Monteith lui rend. Toutes nos condoléances à Jacques, son « chum », sa famille et à ceux et celles d'entre vous qui l'avez côtoyé, connu, apprécié, aimé.