01- Qu'est-ce que le sida?
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Le mot AIDS signifie en anglais Acquired Immuno Deficiency Syndrome, terme qui est traduit en français par SIDA : Syndrome d' Immuno-Déficience Acquise . En cas de déficience du système immunitaire, les défenses du corps diminuent face à l'apparition d'agents pathogènes. Une déficience avancée du système immunitaire peut conduire au développement de maladies graves ou à la mort. L'apparition simultanée de différents symptômes de maladies est appelée "syndrome" en médecine.
Le sida est la conséquence tardive d'une infection par le HIV (Human Immunodeficiency Virus) ou VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine). C'est pourquoi l'on parle d'un syndrome de déficience immunitaire acquis.
Une infection par le VIH évolue en différents stades. Avec le sida, on désigne le stade dans lequel le système immunitaire est fortement détérioré et où certaines maladies infectieuses graves - voire mortelles - et des tumeurs peuvent se développer.
Une infection par le VIH ne peut se guérir. Cependant, grâce à l'amélioration
des thérapies médicales, il existe de fortes chances qu'une déficience
immunitaire déjà acquise se résorbe ou, si la thérapie a débuté à temps,
que son apparition soit retardée de plusieurs années. Chez beaucoup de
gens infectés par le VIH, le progrès médical a entraîné une forte augmentation
de l'espérance de vie et de la qualité de vie. Une infection par le VIH
reste pourtant une maladie mortelle.
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02- D'où vient le VIH ?
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Certaines espèces africaines de singes sont porteuses d'un virus semblable au VIH, le SIV (Simian Immunodeficiency Virus). Il est très vraisemblable que le VIH soit né de la mutation (modification génétique spontanée) de ce virus des singes. La transmission aux hommes a dû se produire dans les années 30, fort probablement lors d'accidents de boucherie lors de la préparation de la viande de singes pour la consommation humaine ; depuis, le virus se propage. Les guerres et les déplacements forcés de larges populations ont possiblement fait ensuite éclater l'épidémie sur une partie du continent africain. Mais c'est seulement lorsque des syndromes inhabituels ont commencé à être observés en Amérique au début des années 80, alors qu'auparavant ces symptômes restaient très rares, que le "nouveau" syndrome a été dépisté.
Le virus VIH-1 a été découvert et identifié en 1983-84; peu après, on a
démontré l'existence du VIH-2. Les deux types de virus et leurs sous-groupes
(sous-types) présentent des caractéristiques spécifiques et apparaissent
sous des formes diverses selon les continents. Les mêmes moyens de protection
sont cependant valables partout.
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03- Comment le VIH se transmet-il ?
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Le VIH peut se transmettre d'un individu à l'autre par :
- relations sexuelles non protégées
- échange de seringues et d'aiguilles lors de consommation de drogue par voie intraveineuse ou lors d'activités de tatouage, de perçage ou d'acuponcture
- utilisation d'aiguilles non stériles lors d'activités de tatouage, de perçage
ou d'acuponcture
- la mère à l'enfant durant la grossesse, lors de la naissance et pendant
l'allaitement.
En règle générale, une infection par le VIH est constatée par le test des
anticorps du VIH ; il existe cependant d'autres formes de tests mettant
en évidence les éléments qui composent le virus (protéine d'enveloppe du
virus ou code génétique de celui-ci).
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04- Le VIH comme menace à la solidarité sociale
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Le sida continue d'engendrer des craintes infondées et de conduire à la
discrimination et à l'exclusion. C'est la raison pour laquelle il faut
informer, supprimer les préjugés et encourager le soutien et l'aide.
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05- L'infection par le VIH : comment le VIH affaiblit-il le système immunitaire
?
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Le système immunitaire a pour mission de neutraliser les agents pathogènes, bactéries, champignons, parasites et virus qui peuvent se retrouver dans le corps humain. Le VIH affaiblit le système immunitaire en contaminant les lymphocytes T (aussi appelés cellules CD4) et en se propageant en eux. Elles ont pour fonction de diriger d'autres cellules du système immunitaire pour organiser la défense contre les agents pathogènes. Le VIH utilise ces lymphocytes T comme cellules hôtes.
Lorsque le VIH parvient dans le sang, il se produit une réaction de défense. Les anticorps qui se forment alors ne peuvent cependant pas pénétrer dans les cellules hôtes infectées. C'est pourquoi les virus existants ne peuvent être mis hors d'état de nuire.
Un petit nombre de lymphocytes T contaminés est directement détruit par le virus. D'autres mécanismes peuvent conduire à des réactions de défense limitées et mal dirigées réduisant ainsi fortement le nombre des lymphocytes T.
Moins il y a de lymphocytes T, plus le système immunitaire est faible. En cas de faiblesse avancée des défenses, des infections opportunistes ou des cancers peuvent apparaître.
Les infections opportunistes sont les maladies causées par des agents pathogènes qui ne provoqueraient aucun dégât en présence d'un système immunitaire intact. Ainsi, ces agents peuvent exploiter les déficiences du système immunitaire pour se multiplier librement. La toxoplasmose en est un exemple typique : l'agent pathogène (Toxoplasma gondii) est souvent contracté déjà pendant l'enfance ou l'adolescence par l'intermédiaire d'excréments de chats. Une partie importante de la population est infectée et porte l'agent en elle. Normalement, l'infection se développe sans troubles particuliers et sans effet nuisible. Elle peut pourtant devenir une maladie chez les personnes au système immunitaire déficient. Lors d'une toxoplasmose, des abcès se forment alors dans le cerveau qui causent paralysies ou convulsions épileptiques.
Il ne faut pourtant pas que les porteurs et porteuses du VIH s'effraient au moindre rhume. Même un système immunitaire affaibli peut encore se débarrasser d'un bon nombre des agents pathogènes les plus répandus.
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06- Comment se développe une infection par le VIH ?
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Les infections par le VIH se développent différemment d'un individu à l'autre. Des maladies peuvent survenir, mais pas obligatoirement. Et, entre chaque maladie, il s'écoule souvent beaucoup de temps sans maux corporels. Même une déficience immunitaire arrivée à maturité peut tout d'abord suivre son cours sans symptômes particuliers, jusqu'à l'apparition des maladies les plus graves.
On peut vérifier dans quelle mesure le VIH se propage et détériore le système immunitaire en mesurant la virémie, (charge virale : nombre de virus par millilitre de sang). Plus la charge virale est forte, plus rapidement le système immunitaire est détruit.
Le nombre de lymphocytes T, mesuré par millilitre de sang (ou valeur CD4) donne des renseignements sur l'état du système immunitaire : moins les lymphocytes T sont nombreux, plus la déficience immunitaire est marquée.
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07- Les premières semaines
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Peu après la contamination par le VIH, le virus se propage temporairement très vite. Chez un nombre inconnu de personnes, on voit apparaître dans les premières semaines de l'infection des symptômes pouvant ressembler à ceux d'une forte grippe, qui, après une à deux semaines, finissent par guérir (c'est ce que l'on appelle l'infection primaire ou la primo-infection). Beaucoup ne remarquent même pas ces symptômes.
Chez toutes les personnes infectées, il se produit une réaction de défense dans laquelle des anticorps contre le VIH se forment. Ceux-ci peuvent en général être décelés à coup sûr douze semaines (trois mois) après l'infection.
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08- Phase sans symptôme & Phase comportant des symptômes d'ordre général
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Passé cette première phase, l'infection VIH se développe sans se faire remarquer, c'est-à-dire qu'aucun symptôme n'apparaît. Cette phase peut durer quelques mois, voire plusieurs années. Pourtant le virus continue de se propager et donc de détériorer le système immunitaire.
Des symptômes plus généraux peuvent apparaître à n'importe quel moment.
Ils se présentent la plupart du temps sous une forme générale, par exemple
sous forme de ganglions lymphatiques persistants à plusieurs endroits (sous
les aisselles, à l'aine), de sueurs nocturnes importantes ou de diarrhées
persistantes.
Les symptômes qui peuvent apparaître au cours du développement de l'infection sont, en soi, non spécifiques, c'est-à-dire qu'ils surviennent également dans le cas de nombreuses autres maladies. Seul le médecin peut déceler s'il s'agit d'une déficience immunitaire ou pas.
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09- Troubles immunitaires graves
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Si certaines maladies surviennent lors d'une déficience immunitaire grave
causée par le VIH, on parle de sida. C'est pourquoi ces maladies sont désignées
comme définissant le sida. On compte par exemple parmi elles la pneumopathie
à Pneumocystis carinii (PcP, une forme de pneumonie), la toxoplasmose du
cerveau ou des maladies infectieuses d'autres organes telles que la contamination
de l'œsophage par le champignon Candida albicans. Des infections virales,
comme l'herpès simplex ou l'herpès zoster, peuvent également entraîner
des maladies graves. La plupart des tumeurs en rapport avec le sida sont
des cancers d'origine virale comme le sarcome de Kaposi (un cancer de la
peau), le cancer de l'utérus ainsi que des lymphomes malins (tumeurs graves
du système immunitaire). Le VIH peut détériorer des cellules du système
nerveux central et périphérique. Pendant le développement de l'infection
par le VIH, des troubles de l'efficience du cerveau ou des polynévrites
inflammatoires peuvent donc apparaître.
Entre-temps, différents médicaments ont été introduits pour lutter contre le VIH et les maladies opportunistes, parfois avec beaucoup de succès. Pour en savoir davantage, veuillez consulter les pages X de cette brochure.
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10- Transmission : comment le VIH ne se transmet-il pas ?
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Le VIH fait partie des agents pathogènes difficilement transmissibles. Le virus est très sensible et non viable en dehors du corps humain dans des conditions quotidiennes courantes. Les mesures d'hygiène habituelles chez soi ou à l'hôpital suffisent pour le neutraliser.
Le VIH a certes été décelé dans l'urine, les excréments, la salive, la transpiration et les larmes, mais en quantité insuffisante pour provoquer une contamination. Il n'y a aucun cas connu au monde d'infection par le biais de ces substances.
C'est pourquoi il n'y a pas de danger de contagion en cas de:
- serrement de mains, accolades, caresses
- toux ou éternuements
- utilisation de la même assiette, verre ou couverts
- utilisation de toilettes, salles de bain ou sauna
- collaboration et cohabitation avec des personnes ayant le VIH/sida
- garde et soins de personnes infectées par le VIH/sida.
Beaucoup d'études ont examiné des ménages dans lesquels des personnes séropositives et séronégatives cohabitaient ; malgré le contact étroit de la vie quotidienne, aucune infection n'a été constatée. Il n'existe pas de danger dans la vie de tous les jours qu'un parent atteint du sida infecte son enfant ou qu'un enfant séropositif infecte ses camarades.
Le VIH n'est pas non plus transmissible par un baiser. Aucune infection de ce type n'a été constatée dans le monde.
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11- Blessures dues aux piqûres d'aiguilles
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Souvent les blessures dues aux piqûres d'aiguilles utilisées par les personnes qui s'injectent de la drogue engendrent de grandes inquiétudes quant à une éventuelle infection par le VIH, surtout lorsque cela arrive aux enfants. A ce jour, aucun cas certain à 100% d'une infection par le VIH de cette manière n'a été rapporté dans le monde. C'est pourquoi il n'est pas conseillé dans ces cas-là d'effectuer obligatoirement et systématiquement une prophylaxie postexposition du VIH sans d'abord faire l'historique complet et exhaustif de chaque cas. Signalons que en cas de piqûre avec une aiguille, le risque d'être infecté par le virus de l'hépatite B ou de l'hépatite C (les hépatites sont des inflammations du foie causées par des infections virales) existe également et ce risque est plus élevé qu'avec le VIH.
Pour les personnes travaillant dans le domaine de la santé, les principes suivants sont valables: ce qui protège de l'hépatite B protège également du VIH et donc du sida, car le VIH est nettement plus difficilement à transmettre que le virus de l'hépatite B. Votre employeur vous informera sur les mesures de protection nécessaires dans cet environnement professionnel spécifique.
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12- Quel est le processus de transmission du VIH ?
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De nombreuses études sur les infections par le VIH constatées à ce jour
mettent très clairement en lumière les situations risquant d'entraîner
une infection par le VIH. Il est plus difficile en revanche de donner les
raisons de la transmission: beaucoup de questions concernant le processus
exact de transmission restent sans réponse à ce jour.
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13- Transmission sexuelle
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Le plus souvent, le VIH est transmis lors d'un rapport sexuel sans préservatif.
- Une relation anale non protégée est la pratique la plus risquée en matière
d'infection par le VIH - pour les deux partenaires.
- Les relations vaginales non protégées sont considérées comme le deuxième
facteur de risque. Les hommes séronégatifs ayant une relation sexuelle
avec une femme séropositive ont un risque de contamination légèrement plus
réduit que dans le cas contraire, c'est-à-dire dans le cas d'une femme
séronégative ayant des relations avec un homme séropositif.
En cas de relation non protégée, anale ou vaginale, un véritable risque de transmission existe même sans éjaculation. Rien que le contact des muqueuses génitales peut suffire à infecter.
- Relation orale: la fellation, "faire une pipe" ou "sucer",
comporte un risque lorsque le sperme ou le sang menstruel parvient dans
la bouche du ou de la partenaire.
- Les relations orales sans éjaculation ou en dehors de la menstruation sont considérées comme sûres dans la mesure où aucune autre maladie sexuellement transmissible n'existe, car celles-ci peuvent augmenter le risque de transmission du VIH de manière très significative.
Le risque d'être infecté par le VIH dans ces situations ou d'infecter d'autres personnes est nettement supérieur lorsque l'un des deux partenaires souffre, en plus, d'une autre maladie sexuellement transmissible.
Le risque d'infection augmente avec le nombre de contacts non protégés. Toutefois, il suffit parfois d'un seul contact non protégé pour être infecté par le VIH.
Plus la quantité de copies virales du VIH par millilitre de plasma sanguin est élevée, c'est-à-dire plus la charge virale de la personne infectée est forte, plus le risque de transmettre le VIH lors de relations sexuelles non protégées est important.
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14- Transmission en cas de consommation de drogue
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Les personnes qui s'injectent de la drogue dans les veines (qui "se piquent" ou se "shootent") courent un très grand risque d'infection si elles utilisent une seringue dont quelqu'un d'autre s'est déjà servi. Dans ce cas, du sang contaminé peut pénétrer directement dans le circuit sanguin par le biais de quelques gouttes de sang restant dans la seringue.
Il y a également risque d'infection si la drogue a été partagée avec la même seringue ou si un accessoire (cuillère, filtre, compresse) est réutilisé. On peut aussi très facilement être infecté par le virus de l'hépatite B ou de l'hépatite C de cette façon.
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15- Transmission mère-enfant
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Les enfants de femmes séropositives peuvent être infectés pendant la grossesse,
l'accouchement et l'allaitement. Le taux de transmission dépend principalement
de l'état de santé de la mère ainsi que des mesures de prévention. Si les
conditions optimales sont respectées, ce taux de transmission tombe pratiquement
à 0 (<1%) : font partie de ces conditions la prise de médicaments contre
le VIH pendant la grossesse, la naissance par césarienne avant le début
des contractions et le renoncement à l'allaitement, puis, dans tous les
cas, le traitement du nouveau-né à l'aide de médicaments contre le VIH
pendant 6 semaines. Lorsqu'une thérapie est administrée correctement aux
futures mères et grâce aux naissances par césarienne pratiquées à temps,
on ne constate pour ainsi dire aucune transmission du VIH aux nouveau-nés.
Il est donc recommandé aux femmes enceintes qui ont eu des comportements
à risque de demander un dépistage du VIH, afin d'éviter une éventuelle
transmission du VIH à leur enfant. Dans les pays où ces précautions médicales
ne sont pas appliquées, la transmission mère-enfant continue d'être une
voie fréquente de propagation du VIH.
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16- Sang et produits sanguins
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Pour éviter que le VIH soit transmis lors des transfusions sanguines, tous les dons de sang sont rigoureusement contrôlés et l'on écarte tout donneur dont le comportement peut entraîner un risque pour la sécurité des banques de sang. Des tests de dépistage supplémentaire ont également été introduits, recherchant directement les composants de nombreux agents pathogènes. Un risque d'erreur minimal persiste cependant, à cause de la fenêtre diagnostique: c'est la période comprise entre l'infection éventuelle du donneur ou de la donneuse et la formation d'anticorps parfaitement décelables ou la présence d'un nombre de copies virales nécessaire pour le test. Les banques de sang du Canada suivent des protocoles extrêmement contraignants afin de minimiser les risques et travaillent à l'introduction de nouveaux tests performants qui font se rapetisser de plus en plus la période fenêtre diagnostique; l'organisme québécois responsable des dons de sang (Héma-Québec) se classe parmi les plus exigeants et rigoureux du monde en ce qui concerne ses multiples critères de sécurité et est fréquemment cité internationalement comme ayant des pratiques exemplaires. Personne ne devrait donc renoncer à une transfusion sanguine qui permettrait de sauver la vie. Pour une opération prévue à l'avance, un don de son propre sang peut même être envisagé (le don "autologue").
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17- Hémophilie
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A l'heure actuelle, les personnes souffrant d'hémophilie (les hémophiles)
ne sont plus menacées par le VIH par le biais du concentré de plasma nécessaire
à leur survie. Grâce à des procédés bien définis et à des tests, les produits
sanguins de ce type sont dans une très large mesure garantis sans présence
de VIH. Les hémophiles souffrent d'un trouble héréditaire de la coagulation,
c'est-à-dire qu'il manque à leur sang un composant qui stoppe les hémorragies
dues à des blessures internes ou externes. C'est pourquoi ces personnes
sont dépendantes de certains produits sanguins durant toute leur vie. Cette
maladie du sang ne concerne en règle générale que les hommes; les femmes
peuvent être porteuses de la maladie et la transmettre sans en souffrir
elles-mêmes. Soulignons cependant que certaines recherches en cours tendent
à vouloir démontrer que certaines femmes seraient également sujettes à
l'hémophilie, en fonction de symptômes différents de ceux des hommes.
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18- Une cause importante de mortalité dans le monde
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A ce jour et au total, plus de 25 millions de personnes dans le monde sont
décédées des suites de l'infection par le VIH. L'infection par le VIH est
aujourd'hui la quatrième cause de mortalité au niveau mondial. Selon le
dernier rapport de l'ONU-Sida (2004) :
Nombre total de personnes vivant avec le VIH : 37,8 millions [34,6-42,3 millions]
- Adultes 35,7 millions [32,7-39,8 millions]
- Femmes 17 millions [15,8-18,8 millions]
- Enfants <15 ans 2,1 millions [1,9-2,5 millions]
Nouveaux cas d'infection à VIH en 2003 : 4,8 millions [4,2-6,3 millions]
- Adultes 4,1 millions [3,6-5,6 millions]
- Enfants <15 ans 630 000 [570 000-740 000]
Décès dus au SIDA en 2003 Total 2,9 millions [2,6-3,3 millions]
- Adultes 2,4 millions [2,2-2,7 millions]
- Enfants <15 ans 490 000 [440 000-580 000]
En Europe et aux États-Unis, le VIH s'est propagé au début de l'épidémie
surtout chez les hommes homosexuels et bisexuels ainsi que chez les personnes
qui s'injectent des drogues et les hémophiles. En Afrique, au sud du Sahara,
la transmission hétérosexuelle est depuis le début de l'épidémie de loin
la plus importante; la transmission mère-enfant est également très élevée
; en Europe de l'Est et surtout en Russie, le VIH se propage très fortement
parmi les personnes qui s'injectent des drogues.
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19- Comment peut-on se protéger du VIH ?
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Pour se protéger soi-même et protéger les autres, il est important de s'informer,
de faire attention aux risques et d'agir en conséquence.
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20- Sexe sécuritaire
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- En cas de relation avec pénétration, toujours utiliser un préservatif (ou un condom féminin).
- Ne pas mettre de sperme dans la bouche, ne pas avaler de sperme (pas d'orgasme
dans la bouche du ou de la partenaire).
- Ne pas mettre de sang menstruel dans la bouche, ne pas avaler de sang menstruel
(pas de relation orale pendant les règles).
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21- Sexe entre femme et homme
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En cas d'aventure sexuelle, il est conseillé de toujours pratiquer le Sexe sécuritaire, c'est-à-dire d'utiliser un préservatif pour les relations sexuelles avec pénétration (vaginale ou anale) et, pour les relations orales, de ne pas mettre de sperme ou de sang menstruel dans la bouche.
Le Sexe sécuritaire est également important au début d'une nouvelle relation. Dans cette situation, les deux partenaires peuvent, après trois mois de Sexe sécuritaire, entreprendre un test de dépistage du VIH. Si celui-ci s'avère négatif pour les deux et si les partenaires prennent ensemble la décision de l'exclusivité sexuelle l'un par rapport à l'autre, il est alors possible de ne plus avoir recours au Sexe sécuritaire. Mais, chose importante : si l'un des deux romp l'entente d'exclusivité, ne serait-ce qu'une seule fois, il est recommandé de recommencer à pratiquer le Sexe sécuritaire. Attention : un test effectué trop tôt ne peut pas indiquer la présence ou l'absence d'une infection VIH.
Si l'exclusivité sexuelle du ou de la partenaire n'est pas clairement établie
ou si il ou elle ne respecte pas vraiment les règles du Sexe sécuritaire
lors d'autres relations, il est alors recommandé de continuer à pratiquer
le Sexe sécuritaire au sein de la relation.
La plus grande prudence est recommandée lorsque l'un des deux partenaires s'injecte de la drogue (Injection sécuritaire, voir plus bas).
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22- Hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes
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Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes doivent également se protéger en pratiquant le Sexe sécuritaire. Ils doivent utiliser des préservatifs en cas de relation anale et veiller, en cas de relation orale, à ne pas éjaculer ou recevoir de sperme dans la bouche.
Dans les milieux homosexuels très actifs sur le plan sexuel, où les changements de partenaires sont très fréquents, le VIH est bien plus répandu que dans la population hétérosexuelle moyenne. Les contacts sexuels non protégés comportent ici un grand risque.
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23- Femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes
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Le risque de contamination est extrêmement faible lors de relations sexuelles entre femmes. Mais, ici aussi, il faut respecter les règles suivantes: pas de relations orales pendant les menstruations ou alors protégées par une digue dentaire, carré en latex que l'on pose sur le vagin. Il y aurait potentiellement un risque de transmission lorsque les parties génitales sont frottées l'une contre l'autre, surtout au moment des règles, et plus particulièrement en cas d'échange d'accessoires sexuels.
Statistiquement, les moyens de transmission du VIH les plus importants
chez les lesbiennes ou les femmes bisexuelles sont les relations sexuelles
non protégées avec des hommes et l'injection de drogue à risque. Dans ce
cas, le Sexe sécuritaire et le Injection sécuritaire sont des moyens de
protection efficaces.
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24- Hommes et femmes consommant de la drogue: Injection sécuritaire et
Sexe sécuritaire
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- Toujours utiliser sa propre seringue et ses propres accessoires (cuillères,
filtres, coton, eau), et uniquement sur soi.
- Ne pas non plus partager le matériel pour sniffer (en raison de l'hépatite
C)
- Les consommateurs de drogue et leurs partenaires ne se contaminent pas
uniquement en échangeant les seringues et le matériel pour sniffer ! Il
est tout aussi important de penser à se protéger lors de rapports sexuels
(Sexe sécuritaire).
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25- Transmission de la mère à l'enfant : mesures médicales
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Si une femme enceinte sait qu'elle a une infection par le VIH, la transmission
à son enfant peut être évitée grâce à des mesures médicales appropriées.
En cas d'incertitude sur des risques antérieurs d'infection par le VIH,
il est recommandé de faire un test de dépistage.
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26- Renforcement des moyens d'action favorisant la prévention
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Il est devenu évident au cours de ces dernières années que tous ne se protègent pas du VIH ou ne peuvent se protéger pour différentes raisons. Ceci est valable par exemple pour les personnes défavorisées sur le plan social, culturel ou économique: celle qui est socio-économiquement défavorisée et peu scolarisée, celle qui subit une discrimination sociale et qui n'a aucun espoir en l'avenir ou celle qui n'a pas confiance en elle ou qui a une image négative d'elle-même, n'est, la plupart du temps, pas en mesure de s'informer correctement, de veiller à sa propre santé et de se protéger des situations à risque.
Les rapports entre les hommes et les femmes dans la société jouent également un rôle important: plus les femmes sont dépendantes des hommes, d'un point de vue émotionnel ou économique, plus il leur est difficile de faire valoir leur santé et d'imposer l'usage de préservatifs lors des relations sexuelles. Beaucoup d'hommes considèrent même que se préoccuper de sa santé et utiliser des préservatifs n'est pas viril, prétexte dangereux non seulement pour eux-mêmes, mais également pour les femmes.
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27- Quand le préservatif est déchiré ou qu'il a été oublié
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Dans ce cas, le partenaire qui a pénétré peut se laver le pénis et essayer d'uriner pour éliminer ou rincer les restes de liquides corporels de son ou de sa partenaire. Jusqu'à présent on n'a pas réussi à déterminer si, pour la personne qui a reçu le sperme, un lavement anal ou vaginal était judicieux ou au contraire dangereux, à cause de l'irritation consécutive à un lavement.
Si, lors d'une relation orale, du sperme ou du sang menstruel sont parvenus dans la bouche : recracher et laver la bouche plusieurs fois avec de l'eau tiède.
Ces mesures d'urgence ne peuvent en principe pas empêcher l'infection, mais on peut au moins espérer réduire le risque d'infection.
Si, suite à des situations à risque (relation sexuelle avec pénétration non protégée, relation orale avec éjaculation ou pendant les règles), il s'avère que l'un des partenaires est séropositif, ou si cela est très vraisemblable, il est préférable d'avoir recours aussi à une prophylaxie postexposition (prophylaxie signifie "éviter l'infection " et postexposition signifie "après l'exposition "), dite PPE-VIH (ou PEP-VIH). Il s'agit d'une thérapie de plusieurs semaines de la personne séronégative avec des médicaments anti-VIH. La PPE-VIH est certainement capable d'empêcher une infection, mais ne peut être considérée comme une mesure sûre à 100%.
Une PPE-VIH est également indiquée suite à des blessures avec des aiguilles en milieu hospitalier.
L'utilité éventuelle d'une PPE-VIH dépend principalement de la rapidité avec laquelle on commence le traitement après avoir été exposé à un risque. Plus on agit rapidement, mieux c'est au-delà de 72 heures après l'exposition au risque, cela n'a plus de sens.
La PPE-VIH peut éventuellement entraîner des effets secondaires non négligeables; mais des conséquences à long terme sont peu vraisemblables.
La prophylaxie postexposition n'est donc pas "un préservatif du lendemain", mais une possibilité de traitement dans des situations exceptionnelles. C'est à un médecin expérimenté, par exemple travaillant dans un centre de traitement du VIH ou dans un service d'urgence d'un grand hôpital de décider avec la personne concernée s'il y a lieu d'entreprendre un traitement ou pas.
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28- Existe-t-il un vaccin contre le VIH ?
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On peut avoir recours à un vaccin pour deux raisons :
En tant que vaccin de protection qui empêche la maladie ou la contagion,
Et, du moins théoriquement, en tant que vaccin thérapeutique pour des personnes déjà infectées, ce qui protège leur système immunitaire dans la lutte contre le virus.
Actuellement, des recherches sont menées pour trouver des vaccins contre le VIH. Ils sont toutefois difficiles à développer, parce que le virus se modifie en permanence. Certes, il existe déjà des vaccins en phase de développement et d'essai, mais il faudra plusieurs années pour que les premiers produits soient introduits à grande échelle. Leur efficacité est encore complètement incertaine. C'est pourquoi la prévention reste encore le seul moyen de se protéger contre une infection par le VIH.
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29- Le test de dépistage du VIH
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Après une infection au VIH, le corps commence à préparer sa défense contre l'intrus; il fabrique des anticorps spécifiques. Les tests actuels habituels recherchent ces anticorps dans le sang. Si aucun anticorps contre le VIH n'est détecté, le résultat est négatif; si l'on trouve ces anticorps, le test est alors positif. Ces tests de dépistage peuvent donc soit exclure une infection par le VIH (négatif), soit la révéler (positif).
Ce n'est que trois mois après l'exposition au risque que les tests d'anticorps du VIH peuvent donner des résultats fiables. En effet, c'est le temps que peut mettre le corps pour fabriquer suffisamment d'anticorps pour qu'un test puisse les détecter. Si le test est effectué avant ce délai de trois mois, il n'est pas probant.
Les tests d'anticorps du VIH couramment utilisés à l'heure actuelle permettent de dépister des anticorps contre tous les types de virus (VIH-1 et VIH-2 et leurs sous-types). Le résultat du test est généralement disponible au bout d'un à trois jours.
Les tests d'anticorps du VIH ne prouvent pas la présence du virus en lui-même. Le dépistage du VIH - des protéines de l'enveloppe ou des facteurs héréditaires - est possible et s'effectue par le test de capture de l'antigène p24 ou par le test PCR. Ces procédures ne permettent pourtant pas d'exclure une infection, raison pour laquelle on ne les utilise pas comme tests de routine. Ils offrent seulement, dans certains cas, un complément précieux au test d'anticorps du VIH (par exemple, le test PCR est effectué pour le contrôle des dons de sang).
On a recours, lors du test des anticorps du VIH, à une première procédure qui est un test de recherche très sensible (le test ELISA). Si ce premier test indique une réaction, on parle d'un résultat réactif. Ce résultat réactif doit absolument être vérifié par un test de confirmation à l'aide d'une nouvelle prise de sang. En effet, de premiers résultats réactifs faux peuvent se produire (par exemple si des prises de sang ont été confondues ou si le matériel servant à effectuer les tests n'a pas été correctement nettoyé). C'est seulement lorsque le test de confirmation s'avère également positif que l'on peut parler de résultat positif.
Les résultats positifs de tous les tests VIH ne disent pas si et quand quelqu'un va tomber malade du sida. La désignation courante de "test du sida" ne s'applique donc à aucune de ces procédures. Il s'agit bien d'un test VIH.
Vu la portée de ces résultats, il faut agir de manière responsable face à ces tests d'anticorps VIH. Conditions importantes :
- Personne ne doit être soumis à un test sans son accord préalable exprimé.
Une information complète et objective doit lui être donnée. Les tests forcés
ou passés sous silence (par exemple lors d'examens à l'hôpital ou dans
le cadre de mesures de prévention en cas de grossesse ou lors de postulations
pour un emploi) ne sont pas autorisés légalement et peuvent être considérés
comme une violation des droits de la personne.
- Un entretien approfondi est recommandé avant le test (voir ci-dessous).
En effet, c'est la seule façon d'être certain que la personne est au courant
des faits importants.
- Le test est effectué dans les centres de consultation médicale, dans des
centres de dépistage anonyme (sans indication du nom), dans différents
hôpitaux et CLSC ainsi que dans certaines cliniques et laboratoires.
- La communication d'un éventuel résultat positif doit s'accompagner d'un
entretien de consultation approfondi.
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30- La consultation de test
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Les gens font des tests de dépistage pour de nombreuses raisons : pour avoir des certitudes en cas d'infection éventuelle, par désir de ne plus se protéger lors des relations sexuelles dans le couple, par envie d'avoir des enfants, pour se faire expliquer les symptômes (derrière lesquels pourrait se cacher une infection opportuniste non dépistée), etc. Faire un dépistage du VIH peut s'avérer utile lors d'une grossesse, pour que la mère entreprenne le cas échéant une thérapie contre le VIH et réduise ainsi le risque d'une transmission mère-enfant. C'est la femme qui décide de procéder au test ou pas. Une fois informée, la femme enceinte prendra une décision qui tiendra compte de son intérêt propre et celui de l'enfant à naître.
Toute personne qui se demande: "devrais-je passer un test: oui ou non ?" devrait se faire conseiller. Les organismes communautaires sida, les centres de consultation, les cliniques et d'autres institutions, ainsi que des médecins expérimentés sont à même d'apporter des conseils.
Lors de l'entretien, il faudrait répondre aux questions suivantes :
- Une exposition au risque a-t-elle vraiment eu lieu ? (Quels sont les moyens
de transmission possibles et les mesures de précaution étaient-elles suffisantes
?)
- Que permet le test ? Dans quelle mesure est-il sûr au moment où la consultation
a lieu ?
- Quelles sont les conséquences d'un éventuel résultat positif et quelles
sont les mesures de prévention possibles?
- L'incertitude est-elle plus lourde à porter qu'un éventuel résultat positif ?
- Quel soutien est-ce que je souhaite et de quel soutien puis-je disposer
?
- Quelles sont les possibilités de traitement médical pour les personnes
atteintes du VIH/sida dans mon quartier, ma ville ou ma région ?
Que le test ait été fait ou non et quel qu'en soit le résultat, il faut savoir qu'on peut se protéger d'une infection par le VIH.
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31- Test négatif: tout va pour le mieux ?
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Si un résultat de test d'anticorps du VIH s'avère négatif, cela signifie qu'aucun anticorps contre le VIH n'a été trouvé. Il n'y a donc pas d'infection par le VIH.
Mais le résultat n'est fiable que lorsque le test a été effectué trois mois après une transmission possible. Autrement dit : un résultat négatif ne dit rien sur une éventuelle infection dans les trois mois précédant le test. Si, durant cette période, on s'est exposé à nouveau à un risque, il n'y a aucune certitude. Des tests plus "performant" pouvant être utilisés plus tôt sont présentement à l'étude, mais il n'est pas possible de prédire quand ceux-ci seront disponibles.
Un résultat négatif suite à une situation à risque ne signifie surtout pas que quelqu'un est immunisé contre le VIH ou qu'il est particulièrement résistant, mais simplement qu'il ou elle n'a pas été exposé et qu'il ou elle a eu de la chance. Il est primordial de continuer à pratiquer le Sexe sécuritaire et le Injection sécuritaire.
Le test de dépistage du VIH n'est pas une mesure de protection contre une infection ultérieure au VIH!
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32- Test positif: que faire ?
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L'image de l'infection au VIH s'est constamment modifiée au cours de ces dernières années. Le progrès médical permet à de nombreuses personnes de vivre bien plus longtemps qu'autrefois avec une infection par le VIH, du moins dans les pays occidentaux et riches. Ceci dit, beaucoup continuent de vivre ce résultat positif comme un tournant dans leur vie. Des peurs surgissent : maladie, douleur, mort prématurée, craintes des réactions des amis et des proches ainsi que de l'environnement social. Comme si cela ne suffisait pas de lutter contre ses propres soucis et problèmes, beaucoup de personnes porteuses du VIH doivent en plus se battre contre leur environnement social, l'incompréhension et le rejet.
Souvent, on n'a pas la force nécessaire pour assumer un résultat positif, ce qui est tout à fait compréhensible. La confrontation avec soi-même peut être très douloureuse. Parler avec des personnes de confiance de ses angoisses, de son désespoir et de sa tristesse peut aider. Les organismes communautaires sida proposent également différentes formules de soutien pour affronter le résultat des tests, tels que des consultations et des entretiens en groupe positifs.
Il n'y a aucun moyen de faire reculer l'infection ou d'y remédier complètement. Par contre, il y a de plus en plus de médicaments qui influencent favorablement le développement de l'infection par le VIH.
Il n'y a pas non plus de recette universelle pour des comportements qui garantiraient une espérance de vie plus longue avec le virus. Cependant, beaucoup de gens touchés par l'infection par le VIH prouvent quotidiennement qu'il est possible de mener une vie bien remplie même lorsque l'on est atteint par cette maladie. L'infection par le VIH n'est donc pas une raison pour se résigner et ne plus faire de projets d'avenir.
Chaque personne atteinte par le VIH réagit différemment vis-à-vis de l'infection, et pour chacune et chacun, la qualité de la vie a une signification différente. Il s'agit simplement de trouver son propre chemin.
Nombre des recommandations connues en matière de vie saine et équilibrée valent aussi pour l'infection par le VIH, par exemple se ménager des possibilités de se confier dans son environnement social. De même, une bonne alimentation équilibrée peut nettement contribuer à stabiliser le corps et le système immunitaire. Les dernières conclusions scientifiques sur le plan de l'alimentation montrent que, dès le début de l'infection par le VIH, il est important de manger de manière équilibrée et de prévenir ainsi une perte de poids.
La sexualité est une chose importante dans la vie. Dans les premiers temps suivants le résultat positif, beaucoup d'hommes et de femmes infectés par le VIH ont des difficultés avec leur sexualité, par exemple parce qu'ils ont peur de contaminer quelqu'un. Il n'y a cependant pas de raison objective pour des personnes séropositives de renoncer à la sexualité. Une sexualité épanouissante est tout à fait possible, même en respectant les règles de prudence du Sexe sécuritaire, et les partenaires sont ainsi parfaitement protégés contre une éventuelle transmission.
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33- Quels sont les traitements médicaux possibles?
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A l'heure actuelle, il n'y a pas de médicament susceptible de guérir une infection par le VIH et rien ne laisse espérer une percée ces prochaines années. Cependant, la médecine fait des progrès. Toute une série de médicaments qui freinent la propagation du VIH ont été mis à disposition entre-temps. Il est également possible aujourd'hui de prévenir la plupart des infections opportunistes ou tout au moins de les traiter avec succès si elles sont dépistées à temps.
Souvent pourtant, ces infections ne sont pas détectées parce qu'elles sont devenues rares et que les médecins ne savent pas identifier correctement les symptômes. C'est pourquoi un test VIH peut s'avérer utile pour vérifier certains symptômes.
Actuellement, des médicaments issus de trois groupes de médicaments ou
classes de substances actives sont utilisés pour lutter contre le VIH ;
ils agissent à différentes étapes de la propagation du virus :
- Les NRTI (inhibiteurs nucléosidiques ou nucléotidiques de la transcriptase inverse) s'infiltrent comme mauvais éléments dans la cellule humaine. La transcriptase inverse au cours de la transcription d'ARN en ADN introduit assez souvent des éléments contenus dans le médicament au lieu des éléments constitutifs naturels, ce qui interrompt le processus de transcription. Le patrimoine génétique du virus ne peut plus être introduit dans celui de la cellule. De cette manière, ils empêchent que l'information génétique du VIH soit transcrite par l'enzyme propre au virus, la transcriptase inverse, afin qu'elle convienne à l'information génétique humaine: d'ARN monocaténaire en ADN bicaténaire.
- Les NNRTI (inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse)
bloquent en revanche directement la transcriptase inverse.
- Les IP (inhibiteurs de la protéase) inhibent l'enzyme propre au virus,
la protéase, une protéine-ciseaux qui clive les protéines virales au stade
précurseur en unités fonctionnelles. La production de nouveaux virus dans
les cellules humaines est ainsi réduite.
Dans les thérapies actuelles contre le VIH, plusieurs substances actives de ces classes de substances sont introduites en même temps pour atteindre le meilleur résultat possible. C'est pourquoi on parle de thérapies combinées contre le VIH.
Deux autres classes de substances actives sont en cours de développement :
- Les inhibiteurs d'entrée doivent empêcher que le VIH ne se fixe dans les
cellules visées ou qu'il ne se fonde avec celles-ci après s'être fixé.
- Les inhibiteurs d'intégrase doivent inhiber l'enzyme propre au VIH, l'intégrase,
qui intègre l'ADN transcrite du virus dans l'ADN humain.
La plupart des médicaments mis à disposition aujourd'hui contre le VIH sont autorisés au Québec. D'autres sont accessibles par l'intermédiaire de programmes d'accès du fabricant ou dans le cadre d'essais cliniques. Les médecins travaillant dans les centres de traitement du VIH ou dans les unités de soins spécialisés peuvent donner tous les renseignements nécessaires à ce sujet.
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34- Succès de la thérapie
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Les médicaments inhibiteurs de virus diminuent le nombre de virus libres dans le sang (charge virale) et augmentent le nombre de lymphocytes T : ce sont les signes d'une plus faible propagation du virus et d'un meilleur fonctionnement du système immunitaire. Les médicaments prolongent ainsi la période sans symptômes ou adoucissent les symptômes.
Les médicaments contre le VIH peuvent pourtant avoir de nombreux effets indésirables. On n'a pas encore suffisamment de recul pour savoir quelles en sont les conséquences sur une longue période. De plus, une thérapie combinée contre le VIH exige une discipline rigoureuse dans la prise des médicaments, et ce, pour une durée indéterminée. Actuellement, la thérapie combinée contre le VIH s'envisage à long terme.
Le but d'une thérapie optimale est donc d'améliorer l'état du système immunitaire et de le stabiliser, en provoquant le moins d'effets secondaires possibles de manière à ce que le traitement puisse être largement intégré dans la vie quotidienne.
Le respect des prescriptions thérapeutiques ne suffit pas à lui seul. Il
est également important que les relations entre le médecin et le patient
soient bonnes, que les patient(e)s soient prêt(e)s à s'informer et à s'investir
dans le traitement et qu'ils ou elles bénéficient d'un soutien de la part
de leur environnement social. Une thérapie combinée contre le VIH - commencée
à temps, adaptée individuellement et menée correctement - peut considérablement
augmenter l'espérance de vie ainsi que la qualité de vie.
Un traitement est conseillé quand
- Le nombre de lymphocytes T et la charge virale atteignent certaines valeurs limites ou empirent rapidement ;
- Des maladies apparaissent en rapport avec l'infection par le VIH ou l'affaiblissement
du système immunitaire (par exemple des infections opportunistes).
Les personnes infectées par le VIH qui envisagent de commencer une thérapie combinée contre le VIH ou qui désirent en savoir plus sur les thérapies devraient s'informer et se faire conseiller.
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35- La société et les personnes concernées
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Le sida touche à des thèmes comme la sexualité, la prostitution, l'homosexualité, les relations sexuelles en dehors du couple, l'usage de drogues illégales, la mort. Des thèmes et des comportements que l'on préfère étouffer parce qu'ils mettent mal à l'aise ou apparaissent parfois comme moralement répréhensibles, voire menaçants.
Les personnes atteintes du VIH et du sida sont souvent perçues comme menaçantes
ou condamnables. Parfois, même par des proches, des amis ou des connaissances.
Il arrive que des parents laissent tomber leurs enfants malades, que des
proches donnent à la maladie un nom un peu moins "indécent" vis-à-vis
de l'extérieur, qu'ils essaient d'éloigner ou d'étouffer tout ce qui touche
au mode de vie du ou de la malade. Pour les proches, on comprend qu'il
soit difficile d'être confronté au sida et, comme cela se passe souvent,
à l'homosexualité de son fils, aux contacts homosexuels du partenaire,
aux aventures sexuelles, à l'infidélité ou à l'usage de la drogue d'un
membre de la famille. Des questions et des problèmes supplémentaires surgissent
pour différents groupes de notre société.
Les personnes homosexuelles
Pour les personnes homosexuelles, les choses se sont un peu améliorées dans la société. Nombre de gays ou de lesbiennes profitent de cette nouvelle ouverture pour organiser leur vie selon leurs propres besoins et s'afficher en public. Certains d'entre eux s'engagent également pour des améliorations sociales et juridiques, car il y a encore beaucoup à faire : l'homosexualité n'est toujours pas acceptée par beaucoup de gens et les homosexuels, hommes ou femmes, le ressentent souvent, jusque dans des violences corporelles. Les couples homosexuels sont encore désavantagés sur le plan légal par rapport aux couples hétérosexuels. Les jeunes gays sont trop peu soutenus dans la recherche de leur identité. Tout cela fait qu'il est difficile de développer une image positive de soi et de prendre soin de soi-même. Pourtant seul(e) celui ou celle qui s'estime se protège.
Les consommateurs de drogue
Celui qui consomme des drogues illégales ne devient pas forcément dépendant. Par contre, celui qui est dépendant se retrouve très vite enfermé dans un cercle vicieux : manques, hallucinations, criminalité pour se procurer de la drogue, prostitution, poursuites judiciaires, peines d'emprisonnement, cures de désintoxication, rechutes. La vie dans les milieux de la drogue signifie également dépendance du marché noir avec des fluctuations de l'offre, la qualité des produits et la violence des réseaux de distribution.
Les personnes qui s'injectent de la drogue doivent le faire souvent dans de mauvaises conditions d'hygiène, ce qui peut provoquer des dégâts et atteindre sérieusement leur santé. Celles et ceux qui se prostituent pour se procurer de la drogue souffrent souvent de maladies transmissibles sexuellement car certains paient plus pour obtenir des relations sexuelles sans préservatif. En outre, il y a régulièrement des surdoses: après un sevrage, à cause de la pureté plus ou moins élevée des produits, parce que les drogues sont allongées ou parce que plusieurs drogues sont consommées en même temps.
On suppose trop souvent qu'il n'y a que deux alternatives "s'en sortir par une thérapie " ou " mourir par la drogue ". Le fait est que beaucoup de consommateurs de drogues abandonnent l'usage de la drogue au fil du temps, d'eux-mêmes ou grâce à une aide. Le traitement par des produits de substitution ouvre à beaucoup un passage de l'illégalité au retour dans la vie en société. Une approche d'intervention basée sur la réduction des méfaits permet également de réduire certains des risques reliés à la consommation, d'accompagner les utilisateurs de drogue dans leur quotidien et de permettre à ceux-ci d'avoir accès à des soins de santé, à des services sociaux, à des activités communautaires, bref à demeurer des citoyens à part entière et non à devenir des personnes que l'on définit uniquement en fonction de leur consommation de drogue.
Les personnes en prison
La situation des consommateurs de drogue privés de liberté demeure extrêmement complexe dans la grande majorité des centres de détention, l'accès à des seringues et des préservatifs semblant très problématique pour les autorités administratives et politiques. La privation de liberté complique d'avantage les mesures de prévention appropriées, l'atmosphère carcérale étant caractérisée par la peur et la suspicion, ce qui complique la fourniture d'informations et de conseils pourtant nécessaires dans ce milieu. Si les responsables reconnaissent généralement le problème, il reste énormément de travail à faire dans ce domaine particulier de la société.
Les migrant(e)s
La situation se présente particulièrement mal pour les personnes infectées
par le VIH venant des pays en voie de développement ou de régions telles
que l'Europe centrale ou l'Europe de l'Est et qui n'ont pas d'autorisation
de séjour assurée. Souvent, elles apprennent leur infection que lorsqu'elles
sont arrivés et que les premiers symptômes apparaissent. Beaucoup ne parlent
aucune des langues de notre pays, ne connaissent pas le système social
et de santé local et ont vécu des expériences traumatisantes comme la guerre,
la torture et la faim. Elles reçoivent le soutien des centres de consultation
et des antennes sida, mais le problème va bien au-delà du VIH et du sida.
Lorsque la peur du renvoi domine, lorsque la xénophobie et les violences
raciales menacent, le virus passe au second plan.
La population en général
Le nombre de femmes et d'hommes infectés qui ne font partie d'aucun des groupes précités augmente. Mais, à la différence des homosexuels ou des consommateurs de drogue, cette catégorie de personnes ne se sent unie ni dans la conscience d'appartenir à une minorité, ni dans l'expérience d'être victime de discrimination. En tant qu'individus malades vivant au sein d'une population dite normale, ces gens se sentent souvent seuls face à leurs problèmes. Comme ils ont peur de l'exclusion, il leur est difficile de mener une vie ouvertement séropositive. Certains taisent leur infection pour protéger les enfants et la famille de la discrimination.
Dans la plupart des régions québécoises, il existe des lieux de rencontre pour les séropositifs; les personnes infectées issues de la population générale peuvent y rencontrer d'autres gens dans la même situation et parler avec eux.
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36- De quoi a-t-on besoin ?
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La santé et la maladie ne concernent pas uniquement le corps mais touchent
également à l'âme et à la solidarité avec son prochain. L'alimentation,
le logement, le travail ainsi que la participation à la vie sociale et
culturelle jouent un rôle important. Lorsque les gens vivent dans la peur
d'être rejetés ou condamnés parce qu'ils sont homosexuels ou consomment
des drogues par voie intraveineuse, lorsqu'il doivent craindre, à cause
de leur infection par le VIH, qu'on les évite ou qu'on les mette à l'écart,
il leur est difficile de développer une conscience de soi positive. En
revanche, celui qui se sent accepté et qui forge des projets d'avenir attachera
plus de valeur à sa propre personne et à sa vie. Il lui sera plus facile
de se protéger lui-même et de protéger la vie des autres. C'est pourquoi
il est nécessaire d'instaurer un climat social sans peur ni contrainte
admettant une grande diversité de modes de vie. Un des enjeux les plus
importants demeure en ce sens la lutte à toutes les formes de discrimination
sans aucune exception, d'où qu'elles puissent provenir et quelles que soient
les personnes qu'elles visent.
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