Nous avons assistĂ© Ă un rendez-vous de synthèse des avancĂ©es scientifiques prĂ©sentĂ©es durant la 12e ConfĂ©rence sur la science du VIH de l’International AIDS Society (IAS). Voici ce que nous avons retenu!
Présentation du Dr. Benoit Trottier, de la Clinique Médicale Quartier Latin, concernant les nouveautés sur les antirétroviraux
L’étude D2ARLING
Cette Ă©tude dĂ©montrait Ă la semaine 24 qu’une bithĂ©rapie s’avĂ©rait aussi efficace qu’une trithĂ©rapie. En d’autres termes, une bithĂ©rapie (Dovato) composĂ©e du dolutĂ©gravir (Tivicay) + de la lamivudine (3TC) Ă©tait non infĂ©rieure Ă la trithĂ©rapie Ă base de dolutĂ©gravir (Tivicay), de tĂ©nofovir (Viread) et soit de la lamivudine (3TC) ou de l’emtricitabine (Emtriva) chez les personnes vivant avec le VIH n’ayant pas commencĂ© de traitement et sans test de rĂ©sistance effectuĂ© au moment du diagnostic. La confirmation de ces rĂ©sultats Ă la semaine 48 fournira des preuves solides de l’efficacitĂ© du Dovato dans des contextes oĂą les ressources sont limitĂ©es et oĂą les tests de rĂ©sistance avant traitement ne sont pas toujours disponibles.
L’Ă©tude ALLIANCE
Les rĂ©sultats de cette Ă©tude ont Ă©tĂ© publiĂ©s Ă la semaine 96. Cette Ă©tude concerne le traitement bictĂ©gravir/emtricitabine/tĂ©nofovir alafĂ©namide (Biktarvy) versus dolutĂ©gravir + emtricitabine/fumarate de tĂ©nofovir disoproxil (DTG+F/TDF) chez des personnes n’ayant jamais pris de traitement et co-infectĂ©es au VIH-1 et Ă l’hĂ©patite B (VHB).
Le traitement par Biktarvy ou DTG+F/TDF a permis d’obtenir des taux Ă©levĂ©s et durables de suppression virale du VIH-1 et du VHB pendant 96 semaines chez des adultes.
L’essai clinique CAPELLA
Les personnes vivant avec le VIH, ayant pris des traitements à toxicité élevée et présentant des multirésistances ont des options thérapeutiques limitées et ont souvent des effets secondaires qui ont un impact négatif sur leur qualité de vie. Le lénacapavir est un inhibiteur de la capside, premier de sa classe, et peut être administré deux fois par an par voie sous-cutanée.
Les rĂ©sultats dĂ©montrent une qualitĂ© de vie Ă©levĂ©e et stable au fil du temps, ce qui confirme la tolĂ©rabilitĂ© du lĂ©nacapavir. Les taux Ă©levĂ©s de suppression virologique ont Ă©tĂ© maintenus chez les patient·es dĂ©jĂ supprimé·es (ARN VIH-1 ARN VIH-1 <50 copies/mL) au dĂ©but de l’Ă©tude CAPELLA et chez tous·tes les participant·es de l’Ă©tude CALIBRATE.
Dr. Bertrand Lebouché du CUSM nous a parlé de la PrEP longue action
L’Ă©tude PrEPTECH2 consiste en un essai contrĂ´lĂ© randomisĂ© pour Ă©valuer l’impact d’une prise en charge de la PrEP par tĂ©lĂ©mĂ©decine sur l’adoption de la PrEP chez les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et chez les femmes transgenres de 18 Ă 27 ans en Californie et en Floride.
Ces rĂ©sultats suggèrent qu’en augmentant l’accessibilitĂ©, PrEPTECH a eu un fort impact sur l’adhĂ©sion de la PrEP.

Dre. Cécile Tremblay du CHUM parle de santé cardio-vasculaire et statine
Docteure Tremblay nous a parlé de l’importance des statines (médicaments pour traiter l’hypercholestérolémie) dans la santé cardio-vasculaire chez les personnes vivant avec le VIH.
L’étude REPRIEVE teste une stratĂ©gie visant Ă rĂ©duire le risque de maladies cardiaques – y compris les crises cardiaques et les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux – chez les personnes sĂ©ropositives.
Les résultats de l’étude JUPITER en 2008 démontraient déjà les bénéfices de l’utilisation des statines peu importe les facteurs de risque du ou de la patient·e.

Dr. Jean-Pierre Routy, du CUSM, présentait son implication à une table ronde sur les anticorps monoclonaux
Dr. Routy a d’abord passé en revue les avancées concernant les anticorps neutralisants à large spectre (ou broadly-neutralizing antibodies : bnAbs). La recherche actuelle s’intéresse à créer ces anticorps à des fins de prévention (pour un éventuel vaccin) ou de guérison du VIH. Cependant, le chemin à parcourir est encore long et tout porte à croire qu’il faudra combiner les bnAbs avec d’autres types de traitement pour un fonctionnement optimal.
Le patient de Genève est un nouveau cas de guérison du VIH. Il s’agit de la sixième personne ayant subi une greffe de moelle osseuse chez qui on observe une rémission du VIH à long terme. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que contrairement aux cinq précédents cas, le donneur de ce patient ne présentait pas de mutation le rendant résistant au VIH. La raison de la guérison n’est pas claire, et on cherche encore à comprendre ce qui pourrait expliquer ce phénomène.

Dr. Réjean Thomas, de la Clinique l’Actuel, met en contexte les résultats présentés pour la pratique clinique
Il a notamment insisté sur les problèmes engendrés par le vieillissement des personnes vivant avec le VIH, comme l’apparition des maladies liées à l’âge que l’on voit plus tôt pour les personnes vivant avec le VIH et la multiplication des traitements pour ces personnes-là .
Il a ajouté qu’il y avait un besoin criant de ressources pour les personnes migrantes, qui représentent les deux tiers des patient·es de la Clinique l’Actuel depuis deux ou trois ans. Cette population connaît des problèmes spécifiques sur lesquels il faut urgemment se pencher, comme des problèmes de traduction, le manque d’accès à la RAMQ, ainsi qu’une plus grande stigmatisation au sein de la famille et de la communauté.
