Une avancée importante pour les personnes vivant avec le VIH au Québec : le traitement pour la lipodystrophie est enfin couvert!
Rappelons que la lipodystrophie faciale est une perte de volume au visage liée, chez
certaines personnes vivant avec le VIH, à d’anciens traitements antirétroviraux. Il existe des traitements, soit des comblements par injection.
Or, après de longues années de revendication, cet acte médical (prodigué par des omnipraticien·nes ayant cette qualification d’injection) et le produit de comblement (le Scupltra et l’acide hyaluronique) seront maintenant entièrement pris en charge.
Vous ou un proche avez reçu des traitements comme l’AZT ou le d4T et vous croyez être concerné·e? Parlez-en à votre médecin ou à votre clinique VIH !
Rappelons aussi que ce soin n’est pas esthétique. Il répond aux conséquences réelles de la perte de volume facial, une marque visible des anciens traitements VIH qui entraîne encore de la stigmatisation.
La COCQ-SIDA salue cette avancée et le travail des activistes
Nous soulignons particulièrement le travail déterminé des personnes activistes touchées par la lipodystrophie depuis le début des années 2000.
Dès 2003, le comité LIPO-ACTION! est fondé à Montréal afin de revendiquer une meilleure reconnaissance de la lipodystrophie liée aux traitements antirétroviraux, ainsi qu’un accès universel aux traitements réparateurs.
En 2013, une première rencontre gouvernementale sur cette question a eu lieu. Il faudra toutefois attendre 2019 pour que le gouvernement du Québec reconnaisse les injections de Sculptra destinées à traiter la lipodystrophie faciale comme un traitement médicalement requis, et non simplement esthétique.
Cette reconnaissance n’a cependant pas assuré un accès effectif immédiat : l’absence de modalités de facturation a longtemps empêché la prestation du service dans le réseau public.
Il faut également souligner la contribution de la chercheuse Marilou Gagnon, de nombreux partenaires et de la COCQ-SIDA, ainsi que celle d’une personne militante ayant choisi de demeurer anonyme. Cette personne a notamment porté plainte auprès de la Commissaire nationale aux plaintes et à la qualité des services et a de nouveau pressé Santé Québec de rendre ce service accessible. Enfin, le travail de la deuxième opposition, qui a interpellé et relancé les ministres de la Santé, mérite lui aussi d’être reconnu.
Le travail continue toutefois : les personnes concernées doivent pouvoir accéder au soin facilement, sans frais et partout au Québec – hors Montréal!
